Vigneronne
Parcours

En-Vie
Si mon amour du vin s’ancre dans mon enfance, ma volonté de faire du vin s’est concrétisée en 2020, avec l’épidémie de Covid. Un vent de fin du monde a soufflé sur nous, en particulier dans les grandes villes, et à Paris, où notre vie était rythmée par les sirènes du Samu nuit et jour. Nous vivions dans des villes désertes, avec des couvre-feux, des masques, de la distance, des interdictions…
Magistrate
Des rangs de l’école nationale de la magistrature, en passant par mes années de juge rouge dans le Nord, celles de “tailleur-pantalon” à la Chancellerie à Paris, puis celles de procureur tout terrain dans le 93, j’ai passé près de vingt années formidables dans la magistrature. J’aime ce métier, fondamental dans notre société et passionnant intellectuellement. Mais en 2020 lorsque le Covid a apporté angoisse et malaise dans nos esprits et dans nos corps, le besoin d’un retour à la Terre s’est imposé en quelques mois. Mes cousins éleveurs de vaches au Limousin m’avaient insufflé ce goût de l’herbe coupée, cet amour du poil mouillé des bêtes sous les doigts, du bruit des insectes le jour et du ruisseau le soir.
So far away from Bobigny
Alors un mardi soir de fin octobre 2020, j’ai fermé mon bureau de chef de la permanence pénale du Parquet de Versailles, où j’avais poursuivi ma carrière après Bobigny, et le mercredi matin je m’asseyais sur les bancs du lycée agricole de la Motte-Servolex, près de Chambéry. J’ai appris la physiologie de la vigne, comment tailler une vigne, vidanger un tracteur et reculer avec une grosse benne derrière ! Puis je suis allée à Beaune en plein confinement pour apprendre l’oenologie, la culture et les maladies de la vigne. J’ai commencé à travailler chez les meilleurs vignerons bio de Savoie et j’y ai tout appris. Du moins tout ce que je pouvais.
Naissance de Vivants !
Me voilà dans les vignes à tailler l’hiver dans la neige, à ébourgeonner et relever l’été tôt le matin pour éviter les grosses chaleurs dans les pentes de Savoie. Puis viennent les vendanges, les premières presses, goûter, débourber, soutirer, densité, température…
Le domaine des Orchis à Annecy, le domaine St-Germain à St-Pierre d’Albigny, puis le domaine Pascal et Annick Quenard qui m’offre la possibilité de faire mon premier millésime Vivants. Une dernière saison chez Ludovic Archer, avec qui je partage beaucoup de points de vue puis l’opportunité d’acheter un terrain à planter dans le Bugey s’offre à moi.
Les Extra-Terrestres.
Le collectif de néo-vignerons venus d’ailleurs…,
insufflé par Laure Gasparotto (journaliste, écrivaine, historienne du vin et critique du vin), nous avons créé un espace d’entraide pour néo-vignerons, les Extra-Terrestres. Nous avons tous démarré notre vie dans un autre métier, parfois aux antipodes du monde des vins ! La somme de nos histoires constitue notre richesse et fait notre force. Et, au-delà de notre diversité, il y a surtout une âme commune, avec un message et des valeurs qui nous ressemblent…
« Etre néo-vigneronne, c’est faire avec l’expérience de l’âge, en découvrant tout chaque jour. »